Le neurofeedback : un apprentissage autorégulateur incarné
Introduction
Je pratique le neurofeedback comme un dialogue entre le corps et le cerveau. Au fil des séances, j’ai réalisé que ce que nous appelons « état cible » n’est pas un objectif mental, mais un état vécu, ressenti, habité.
Ce texte est né de cette observation. Il ne cherche pas à convaincre, mais à partager une réflexion : et si le neurofeedback était avant tout une expérience incarnée ? Une manière d’apprendre à nouveau le langage du corps, et de laisser le cerveau s’en souvenir.
1. La cognition incarnée : colonne vertébrale de l’apprentissage autorégulateur
Le cœur du neurofeedback, ce n’est ni la machine, ni la méthode en elle-même : c’est l’expérience vécue dans le corps. Le cerveau apprend par traces sensorielles et émotionnelles. Comme l’enfant qui, un jour, touche une plaque brûlante : l’expérience corporelle laisse une empreinte dont le cerveau se souvient. Ce n’est pas la consigne qui transforme, c’est l’expérience qui s’imprime et se réactive ensuite dans des contextes proches.
C’est ainsi que je comprends ma pratique : un apprentissage autorégulateur incarné. La littérature parle de « cognition incarnée », c’est-à-dire l’idée que nos processus mentaux se construisent avec et par le corps dans son environnement. Pour moi, le neurofeedback EEGq rend visible et entraînable cette dimension : il crée un cadre où le corps et le cerveau peuvent se répondre, puis apprendre à le faire de manière autonome.
2. L’état cible : donner du sens à la rétroaction
Sans intention d’état cible, la rétroaction risque de devenir un simple signal technique. Avec un état cible, elle retrouve sa fonction pédagogique : indiquer la bonne direction au moment même où le corps la vit. L’état cible cesse d’être une abstraction (« être calme », « être concentré ») pour devenir une configuration incarnée : respiration qui s’apaise, tonus qui se régule, attention qui se stabilise, visage qui se détend.
J’aime le formuler ainsi : l’état cible est le terrain d’entraînement. On peut répéter un geste infiniment hors contexte, on n’apprend pas à jouer pour autant. En séance, l’état cible donne un sens immédiat à la rétroaction : il relie le signal affiché à un vécu interne clairement reconnaissable par la personne.
3. Le cabinet : un espace de réapprentissage intérieur
Mon cabinet n’est pas un laboratoire sensorimoteur où l’on manipule des objets ; c’est un espace de réapprentissage intérieur. On y rétablit, pas à pas, le dialogue entre sensations corporelles, émotions et activité cérébrale. Je propose un cadre précis, sécurisant, où l’on observe, ajuste, et consolide ce dialogue avec des rétroactions claires.
La personne découvre qu’elle peut sentir finement ce qui se passe en elle, et que ces micro-ajustements ont un effet visible et durable. Cette reconnaissance est déjà une compétence : elle prépare le transfert en dehors du cabinet.
4. Le pont : transfert et consolidation dans la vie réelle
J’utilise souvent une image simple : construire un pont entre corps et esprit. Au début, il est fragile : on le reconnaît, on l’emprunte avec prudence. Séance après séance, le pont se renforce. On apprend sa direction, on sent quand on s’en éloigne, on sait y revenir.
Mon rôle est de consolider les fondations, de guider les allers-retours, et d’aider à reconnaître les repères. L’objectif, c’est que le pont dépasse le cabinet : qu’il devienne un passage naturel dans le quotidien — au travail, en classe, dans le sommeil, face au stress, lors des apprentissages.
La consolidation prend du temps : comme tout apprentissage, elle repose sur la répétition d’expériences incarnées, dans des contextes variés. Un jour, la traversée se fait presque sans y penser : la régulation revient comme un savoir-être corporel, disponible.
5. En pratique : ce que la personne vit en séance
Concrètement, une séance vise à rendre perceptible ce qui, d’ordinaire, reste implicite : respiration, variabilité de la fréquence cardiaque, indices EEG liés à l’attention ou au calme. La rétroaction valorise chaque micro-ajustement vers l’état cible. La personne ressent l’effet (dans le corps) et voit l’indice (sur l’écran). C’est ce double langage qui installe l’apprentissage.
Je reste attentive à l’écologie de la séance : progression graduée, repères simples, temps d’intégration. Et surtout, j’invite chacun à mettre des mots sur son ressenti : nommer l’expérience aide le cerveau à la stabiliser et à la rappeler plus tard.
6. Une posture professionnelle : rigueur, simplicité, humanité
Cette manière d’aborder le neurofeedback ne prétend pas être la seule. Elle reflète ma pratique et mon éthique : relier les données à l’expérience humaine, sans promesses excessives ni jargon inutile. Je tiens à rester claire (explications accessibles), rigoureuse (cadre, méthodes, limites) et humaine (écoute des vécus, respect du rythme).
Pour moi, le neurofeedback n’est pas un traitement passif ni un réglage « magique » : c’est un langage. Il parle au corps pour que le cerveau comprenne, puis apprenne à répondre seul.
Conclusion
Le cerveau ne se régule pas seulement par la pensée : il apprend par l’expérience vécue dans le corps. C’est ce que j’essaie de rendre possible en séance : un apprentissage autorégulateur incarné, patiemment consolidé, pour que le pont entre ce qu’on ressent, ce qu’on pense et ce qu’on vit redevienne praticable au quotidien.
Note
Ce texte reflète ma compréhension actuelle du neurofeedback EEGq et de la cognition incarnée. Il n’a pas vocation à s’ériger en modèle universel ; il ouvre un espace de dialogue entre pratique, science et expérience vécue.
Cabinet Neurosereine – Neurofeedback & Biofeedback
Le cabinet Neurosereine est situé au
211 route nationale, 01120 La Boisse,
à environ 25 minutes de Lyon.
J’accompagne adultes, adolescents et enfants au cabinet,
dans une approche centrée sur la régulation du système nerveux
(neurofeedback et biofeedback).
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📍 La Boisse (Ain)
Les accompagnements se font exclusivement en présentiel au cabinet.
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