L’attention n’est pas qu’une affaire de cerveau
Ou pourquoi se concentrer n’est jamais une question isolée de volonté
On parle souvent du cerveau comme s’il travaillait seul.
Comme si penser, se concentrer, apprendre ou se contrôler relevaient uniquement d’un espace abstrait, logé quelque part “dans la tête”, indépendant du reste du corps.
Cette manière de voir les choses est très répandue.
Et pourtant, elle est profondément trompeuse.
Car un cerveau ne fonctionne jamais isolé.
Il fonctionne dans un corps.
Et surtout, il partage ses ressources avec lui.
Le cerveau n’a pas accès à des ressources illimitées
C’est une idée simple, presque évidente… et pourtant rarement intégrée.
Le cerveau n’est pas un ordinateur branché sur une prise murale inépuisable.
Il fait partie d’un système vivant, dynamique, coûteux en énergie.
Les ressources disponibles, attentionnelles, cognitives, émotionnelles, sont partagées entre plusieurs fonctions essentielles à la survie.
Le corps, lui aussi, a des priorités :
maintenir un niveau de vigilance adapté
gérer les sensations
contenir ou libérer le mouvement
assurer la sécurité interne
Et ces priorités passent avant l’apprentissage scolaire, la concentration prolongée ou l’inhibition volontaire.
L’attention : une fonction coûteuse, pas un bouton magique
On parle beaucoup d’attention, mais on sait rarement ce que c’est vraiment.
Faire attention, ce n’est pas “regarder”.
Ce n’est pas non plus “faire un effort”.
L’attention, d’un point de vue neurobiologique, c’est notamment :
filtrer le flot d’informations
inhiber ce qui n’est pas pertinent
maintenir une cible malgré les distractions
résister aux impulsions internes (bouger, parler, réagir)
Autrement dit : faire attention, c’est dire non à beaucoup de choses pour en garder une seule.
Et ce travail-là est énergétiquement coûteux.
Quand le corps mobilise déjà l’essentiel des ressources
C’est ici que le regard change.
Prenons un enfant qui bouge sans cesse, parle beaucoup, se lève, touche à tout, semble “ne pas écouter”.
Ce que l’on observe, de l’extérieur, c’est un comportement.
Mais ce que l’on ne voit pas, c’est ce que son système est déjà en train de gérer.
Un enfant peut mobiliser une quantité énorme d’énergie pour :
contenir ses mouvements
inhiber ses paroles
rester assis sur une chaise
supporter un environnement sensoriel bruyant
rester en alerte permanente face à ce qui l’entoure
Dans certains cas (trouble de l’attention, stress chronique, traumatisme, hypervigilance…),
le corps est déjà en mode gestion de l’urgence.
Une question de priorités, pas de mauvaise volonté
Le système nerveux fonctionne par priorisation.
Quand il y a une menace, réelle ou perçue,
quand l’environnement est vécu comme trop intense,
quand le corps est en tension ou en vigilance constante,
👉 les ressources sont allouées en priorité à la régulation corporelle et à la sécurité.
En situation d’urgence, le cerveau ne cherche pas à être performant. Il cherche à protéger.
Non par choix.
Non par provocation.
Mais par nécessité physiologique.
L’attention arrive en dernier
C’est un point fondamental, et souvent contre-intuitif.
L’attention soutenue, la concentration, la capacité à apprendre calmement
sont des fonctions qui émergent quand le système est suffisamment régulé.
Elles ne sont pas la première ligne de défense.
Elles sont le résultat d’un équilibre.
C’est pourquoi :
forcer la concentration échoue souvent
punir n’améliore pas l’attention
“se retenir” coûte parfois plus cher que ce que le système peut fournir
Remettre le cerveau dans le corps change tout
Quand on cesse de considérer le cerveau comme une entité isolée,
et qu’on le replace dans le fonctionnement global du corps,
on comprend que :
les ressources sont communes
les priorités sont automatiques
le comportement est souvent une conséquence, pas une intention
Ce changement de regard fait naître autre chose que de l’excuse.
Il fait naître de la compréhension.
Et avec elle, une autre question.
Et si la vraie question n’était pas “comment forcer plus” ?
Si l’attention est une ressource,
alors la question n’est pas :
Comment demander davantage d’efforts ?
Mais plutôt :
Comment libérer ce qui est déjà mobilisé ?
Comment aider le système nerveux à :
diminuer la surcharge
retrouver un état de régulation plus stable
redistribuer ses ressources
C’est ici que certaines approches prennent tout leur sens.
Le neurofeedback : soutenir la régulation de fond
Le neurofeedback ne cherche pas à “forcer” le cerveau à mieux faire.
Il ne demande pas plus de volonté.
Il ne corrige pas un comportement.
Il propose autre chose :
une information en temps réel sur l’activité cérébrale
un cadre d’entraînement doux
un soutien à l’autorégulation
En aidant le système à retrouver une organisation plus adaptée,
le neurofeedback peut contribuer à libérer des ressources jusque-là mobilisées ailleurs.
Et lorsque ces ressources redeviennent disponibles,
l’attention, la flexibilité et la capacité d’apprentissage peuvent émerger plus naturellement.
Changer de regard, changer d’aide
Voir l’attention comme une question de ressources partagées
plutôt que comme une affaire de volonté
change profondément la manière d’accompagner.
Cela invite à :
soutenir plutôt que contraindre
comprendre avant de juger
aider le système à se réguler plutôt que demander toujours plus
Ce n’est pas une vision indulgente.
C’est une vision réaliste, incarnée et respectueuse du vivant.
Et parfois, c’est exactement ce qui manquait pour que les choses commencent à bouger.
Crédit photo : Sam sur Unsplash
Cabinet Neurosereine – Neurofeedback & Biofeedback
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dans une approche centrée sur la régulation du système nerveux
(neurofeedback et biofeedback).
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