Pourquoi je me méfie des transformations “spectaculaires” en thérapie

On adore les avant/après.

Les déclics.

Les libérations express.

Les “reset émotionnels” en une séance.

Et je comprends totalement pourquoi : quand on souffre, on a envie que ça s’arrête vite.

Mais avec le système nerveux… les choses sont rarement aussi simples.

La sécurité ne s’obtient pas par injonction

On ne se calme pas en se disant :

“Je suis en sécurité.”

On ne sort pas de l’hypervigilance en répétant :

“Tout va bien.”

Parce que le système nerveux ne parle pas le langage des arguments.

Il parle le langage des signaux :

  • respiration

  • tonus

  • sensations

  • rythme

  • présence

  • environnement

La sécurité, ce n’est pas une idée.

C’est une expérience.

La régulation est un apprentissage, pas une performance

Le cerveau (et le corps) apprennent par petites touches.

Un peu comme quand on réapprend à marcher sur un sol instable : on avance, on teste, on ajuste… puis on recommence.

Et c’est justement ça qui rend la régulation durable :

-> elle se construit

-> elle s’intègre

-> elle devient un nouveau repère interne

Quand ça va trop vite, ça peut être contre-productif

Certaines approches promettent une “libération” spectaculaire.

Le problème, c’est que sur un système déjà fragilisé, une stimulation trop intense peut parfois produire l’inverse :

  • surcharge

  • désorganisation

  • hypervigilance accrue

  • sensation de perte de contrôle

Et quand il n’y a pas de cadre de suivi derrière… la personne se retrouve seule avec un système nerveux en alerte maximale.

Le système nerveux préfère le connu… même inconfortable

C’est contre-intuitif, mais c’est un point clé :

Ce que le corps connaît (même si ça fait souffrir) est souvent plus “prévisible” que ce qu’il ne connaît pas.

C’est pour ça que les changements trop brusques peuvent être vécus comme une menace.

Le système nerveux ne cherche pas d’abord le bien-être.

Il cherche d’abord la stabilité.

C’est pour ça que j’aime les approches progressives

En neurofeedback et en biofeedback, on ne “force” pas la détente.

On propose un cadre, des repères, une expérience.

Et petit à petit, le corps se dit :

“Ah… je peux descendre, et je ne risque rien.”

C’est moins spectaculaire.

Mais souvent… c’est plus solide.

La régulation, ce n’est pas une libération brutale.

C’est remettre des dalles sous les pieds du système nerveux. Une par une.

Jusqu’à ce qu’il retrouve l’équilibre.

Crédit photo : Arun Clark

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