Comment le cerveau apprend : la fenêtre d'apprentissage expliquée par les neurosciences

Pendant longtemps, j'ai été convaincue que plus on faisait d'efforts, plus le cerveau apprenait.

Je crois que cette idée s'est installée très tôt. Comme beaucoup de "bons élèves", j'avais intégré qu'il fallait travailler plus, persévérer plus, pousser plus. Et, pour être honnête, cette idée me convenait, elle me plaisait et je pense qu'elle me rassurait.

Elle donnait l'impression que tout dépendait de la volonté. Alors, quand j'entendais qu'il fallait parfois ralentir, j'avais tendance à y voir une façon de se ménager et je ne me reconnaissais pas du tout là-dedans. J'ai toujours aimé travailler, faire des efforts et aller au bout de mes réflexions.

Puis, au fil de mes échanges, de mes lectures en neurosciences et de ma pratique en neurofeedback, quelque chose a commencé à vraiment changer, pas parce que l'effort ne servirait à rien mais parce que l'effort n'est pas, à lui seul, le mécanisme qui fait apprendre le cerveau. Le point décisif est ailleurs. Il se situe dans l'ajustement du défi.

Les travaux de Robert Bjork sur les desirable difficulties (« difficultés désirables »), la loi de Yerkes-Dodson, les approches d'apprentissage sans erreur en remédiation cognitive ou encore le principe d'entraînement dépendant de l'état convergent vers une idée étonnamment proche : le cerveau apprend lorsqu'il est suffisamment challengé pour devoir s'adapter... mais pas au point de dépasser les ressources dont il dispose à cet instant.

Si la tâche est trop facile, l'apprentissage reste souvent superficiel. Si elle est trop difficile, une partie des ressources est mobilisée pour gérer le stress, la frustration ou l'incertitude. Dans les deux cas, le cerveau apprend moins bien. Il existe une fenêtre intermédiaire. Une fenêtre où l'effort est réel, où il faut réfléchir, faire des liens, corriger, reconstruire, mais où le cerveau reste encore disponible pour apprendre.

C'est probablement l'une des choses les plus précieuses que le neurofeedback m'a apprises. Dans une séance, il ne s'agit pas de pousser quelqu'un jusqu'à ses limites, ni de lui rendre la tâche facile. Il s'agit d'observer, d'ajuster, encore et encore, en fonction de son état du moment. Parce que ce qui se passe aujourd'hui ne résume ni ce que cette personne était hier, ni ce qu'elle sera demain. Son cerveau dispose, aujourd'hui, d'un certain niveau de ressources. C'est avec ces ressources-là que l'on travaille.

Et finalement, je me demande si cette idée ne dépasse pas largement le neurofeedback. Lorsque nous cherchons à apprendre, à retrouver confiance ou à traverser une période difficile, avons-nous vraiment besoin de faire toujours plus d'efforts... ou avons-nous surtout besoin de retrouver la fenêtre d'apprentissage dans laquelle notre cerveau est réellement capable de s'adapter ?

📷 Alex Azabache sur Unsplash

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« À quoi bon ? Est-ce que ça va vraiment changer quelque chose ? »