Et si on regardait aussi le système nerveux des parents ?

On parle beaucoup des enfants : de leurs écrans, de leurs émotions, de leur sommeil, de leur attention.

C’est essentiel, bien sûr.

Mais une question reste souvent absente du débat : dans quel état est le système nerveux du parent qui tient tout cela au quotidien ?

Parce qu’être parent en 2025, ce n’est pas seulement aimer, accompagner et éduquer.

C’est aussi porter une charge mentale et émotionnelle qu’aucune génération avant nous n’a connue.

Un parent aujourd’hui cumule ce que plusieurs adultes assumaient autrefois

Là où, autrefois, famille élargie, école, voisinage et communauté se partageaient les responsabilités,

le parent moderne devient :

  • coordinateur des soins,

  • soutien émotionnel,

  • accompagnateur scolaire,

  • gestionnaire administratif,

  • régulateur des écrans,

  • médiateur,

  • animateur,

  • repère affectif constant.

C’est beaucoup.

Parfois trop pour un seul système nerveux.

Et cette accumulation n’a rien à voir avec la motivation ou la compétence : elle renvoie à des limites biologiques.

Les écrans ne sont pas un débat moral

On entend souvent : « Les parents donnent le téléphone pour avoir la paix. »

Mais la réalité est plus complexe.

Lorsque le parent est en surcharge, son système nerveux suit un enchaînement bien documenté :

1. Stress chronique

Le corps mobilise son énergie en continu.

2. Augmentation du cortisol

Ce cortisol soutenu réduit la disponibilité du repos et de la récupération.

3. Hyperactivation du système limbique

L’amygdale devient plus réactive : vigilance, irritabilité, réactions rapides.

4. Hypoactivation du cortex préfrontal

La partie du cerveau qui gère le recul, la réflexion et la planification devient moins accessible.

5. Diminution de la capacité à prendre du recul

Et par conséquence, difficulté à choisir l’option “idéale”, même quand on la connaît.

Ce fonctionnement n’est pas psychologique : il est neurophysiologique.

Dans ces moments-là, l’écran n’est pas un choix “de facilité”.

C’est un sas, un moyen ponctuel de désescalade pour que le parent récupère quelques minutes de disponibilité intérieure.

Ce n’est pas à applaudir ni à condamner : c’est à comprendre.

L’injustice silencieuse dont on parle peu

Beaucoup de parents très épuisés le sont… précisément parce qu’ils font les choses en conscience :

  • ils laissent de la place aux émotions de leur enfant,

  • ils n’utilisent pas l’autorité comme une arme,

  • ils soutiennent plutôt qu’ils ne contraignent,

  • ils accompagnent plutôt qu’ils ne verrouillent.

Cette façon d’élever, respectueuse du développement affectif, est aussi plus exigeante nerveusement.

Un enfant expressif n’est pas un enfant “mal élevé”.

C’est souvent un enfant qui se sent suffisamment en sécurité pour montrer ce qu’il ressent.

Et pourtant, ces parents-là sont parfois les plus jugés.

Parce qu’ils ne rentrent pas dans une case.

Parce que leur enfant exprime plutôt que d’inhiber.

Parce que la façade n’est pas lisse, elle est vraie.

L’épuisement parental n’a pas de façade

On le voit :

  • dans les salles d’attente des orthophonistes,

  • dans les rendez-vous médicaux successifs,

  • dans les familles où l’enfant est neuro-atypique,

  • dans ceux qui n’ont aucun relais,

  • dans les parents qui dorment mal, ruminent, compensent, recommencent.

Cet épuisement n’a rien à voir avec un manque d’implication.

Souvent, c’est exactement l’inverse.

Et quand un parent atteint le point de saturation, ce n’est pas une fragilité :

c’est un signal physiologique.

C’est le moment où :

  • le cortisol est élevé depuis trop longtemps,

  • le système limbique pilote les réactions,

  • le préfrontal perd sa disponibilité,

  • l’irritabilité monte,

  • la pensée se rétrécit,

et tout devient plus difficile.

Ce parent n’a pas besoin d’être jugé.

Il a besoin qu’on lui jette une bouée.

Et c’est exactement là que l’accompagnement trouve son sens

Un outil comme le neurofeedback ne change pas le système familial ou scolaire.

Mais il redonne au parent :

  1. un peu de marge,

  2. un peu d’oxygène,

  3. des clés de compréhension

  4. une meilleure régulation

  5. une baisse de l’hyperactivation limbique,

  6. une meilleure disponibilité préfrontale,

  7. un espace intérieur pour réfléchir et réorganiser.

Et cela peut suffire à inverser la dynamique.

Un enfant qui retrouve de la régulation aide le parent.

Un parent qui respire aide l’enfant.

C’est un système, pas une équation à un seul terme.

Alors oui : prenons soin des enfants.

Mais n’oublions pas de regarder aussi le parent.

Pas pour lui dire quoi faire.

Pas pour distribuer des bons et des mauvais points.

Mais pour lui rappeler ceci :

  • Vous n’êtes pas seuls.

  • Vous faites déjà beaucoup.

  • Vous avez le droit d’être fatigués.

Et prendre soin de vous, c’est aussi prendre soin de vos enfants.

 

Cabinet Neurosereine – Neurofeedback & Biofeedback

Le cabinet Neurosereine est situé au
211 route nationale, 01120 La Boisse,
à environ 25 minutes de Lyon.

J’accompagne adultes, adolescents et enfants au cabinet,
dans une approche centrée sur la régulation du système nerveux
(neurofeedback et biofeedback).

📞 06 68 64 39 44
📍 La Boisse (Ain)

Les accompagnements se font exclusivement en présentiel au cabinet.

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