La capacité à prendre du recul dépend aussi de notre état
Hier, j’ai suivi une étude de cas consacrée à la lecture d’un EEG, présentée par un professionnel qui travaille dans ce domaine depuis plus de vingt ans.
J’étais partagée entre l’enthousiasme d’apprendre et un léger malaise qui montait doucement.
Plus l’analyse avançait, plus je mesurais la complexité de ce domaine.
Sur le moment, la petite vague est restée sage. C’est ce matin, en reprenant mes notes, qu’une question est apparue :
« Est-ce que je serai un jour suffisamment compétente ? Est-ce que je vais y arriver ? »
Cette réaction, je la connais.
Une remarque, un imprévu ou un moment où je me sens impressionnée peuvent sembler anodins et pourtant occuper tout l’espace, tourner en boucle et interrompre l’élan d’une journée.
Mais cette fois encore, l’émotion est montée, a touché quelque chose de sensible, puis elle est redescendue.
Elle ne m’a pas engloutie.
J’ai pu réévaluer la situation : je n’étais pas face à la preuve de mon insuffisance, mais devant une grande expertise et suffisamment formée pour en percevoir la complexité.
Pourquoi raconter cela ?
Parce que je n’échappe pas aux réactions dont nous parlons régulièrement au cabinet.
Prendre du recul ne concerne pas seulement les grands bouleversements. Cette capacité intervient aussi dans toutes ces petites choses qui, lorsque nous sommes fatigués ou en surcharge, peuvent prendre une place considérable.
Prendre du recul ne signifie pas minimiser ce qui nous touche. Cela permet de redonner à l’événement sa juste place, sans lui abandonner toute notre énergie.
Le biofeedback et le neurofeedback peuvent contribuer à développer cette capacité, parmi d’autres formes d’accompagnement.
L’émotion existe toujours. Le petit obstacle aussi.
Mais il ne coupe plus nécessairement notre mouvement.
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