Le neurofeedback est-il efficace ? Que dit la recherche scientifique ?
Le neurofeedback est-il efficace ? Est-ce une approche scientifiquement validée ? Existe-t-il suffisamment d’études pour savoir dans quelles situations il peut être intéressant ?
Ces questions sont légitimes lorsqu’on découvre le neurofeedback. Elles appellent pourtant une réponse plus nuancée qu’un simple « oui » ou « non » car il n’existe pas un niveau de preuve unique du neurofeedback. Les données scientifiques disponibles varient selon les problématiques étudiées, les populations concernées, les protocoles de neurofeedback utilisés et la qualité méthodologique des études.
Autrement dit, avant de demander « est-ce que le neurofeedback fonctionne ? », il faut aussi se demander : pour quoi, pour qui et dans quelles conditions ?
Le neurofeedback : un domaine de recherche en évolution
Le principe du neurofeedback repose sur l’apprentissage de l’autorégulation de certaines caractéristiques de l’activité cérébrale grâce à un retour d’information en temps réel.
Cette approche est étudiée depuis plusieurs décennies et fait aujourd’hui l’objet de recherches dans des domaines variés : attention, fonctions cognitives, sommeil, régulation émotionnelle ou encore différentes problématiques cliniques.
Pour autant, le nombre d’études, leur qualité méthodologique et leurs résultats ne sont pas homogènes d’un domaine à l’autre.
Certaines recherches rapportent des effets intéressants, tandis que d’autres obtiennent des résultats plus modestes ou ne retrouvent pas d’effet significatif lorsque les conditions expérimentales deviennent plus strictes. Les protocoles employés sont eux aussi très différents, ce qui peut rendre les comparaisons difficiles.
C’est pourquoi parler de « preuve scientifique du neurofeedback » au singulier est réducteur.
Comment connaître le niveau de preuve pour une problématique précise ?
C’est justement là que les choses peuvent devenir compliquées pour quelqu’un qui souhaite simplement s’informer.
Les données existent dans la littérature scientifique, mais rechercher les études, distinguer un essai clinique d’une revue systématique ou d’une méta-analyse, comprendre la qualité méthodologique des travaux puis confronter leurs résultats demande du temps et certaines connaissances.
Pour rendre ces informations plus accessibles, Neurologic a développé Evidence Explorer, un outil qui permet d’explorer l’état des connaissances scientifiques sur le neurofeedback à partir de critères très simples.
Il est notamment possible de sélectionner :
le domaine qui vous intéresse ;
la tranche d’âge concernée ;
une lecture accessible au grand public ou une lecture clinique plus détaillée destinée aux professionnels.
L’outil est disponible en français et en anglais.
Rendre les données scientifiques plus accessibles
Je trouve cette démarche particulièrement intéressante parce qu’elle permet de sortir d’une opposition que l’on rencontre encore trop souvent lorsqu’on parle du neurofeedback : d’un côté des promesses parfois excessives, de l’autre l’idée qu’il n’existerait aucune recherche sur le sujet. J’avais d’ailleurs consacré un article à cette question : « Neurofeedback : ce que l’on sait, ce que l’on ne sait pas », pour faire le point sur les connaissances disponibles, mais aussi sur leurs limites.
La réalité scientifique est plus nuancée. Selon les domaines, les données peuvent être plus ou moins nombreuses, les résultats plus ou moins convergents et le niveau de preuve plus ou moins solide.
Pouvoir accéder facilement à ces informations permet donc à chacun de se faire une idée plus juste de l’état actuel des connaissances. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi d’intégrer Evidence Explorer directement au site Neurosereine.
→ Explorer les niveaux de preuve scientifique du neurofeedback
Ce que les études peuvent et ne peuvent pas nous dire
Un niveau de preuve scientifique concerne des résultats observés dans des groupes de personnes étudiées selon une méthodologie donnée. Il ne permet donc pas de prédire avec certitude la réponse d’une personne en particulier.
À l’inverse, un niveau de preuve encore limité ne signifie pas nécessairement qu’une approche est inefficace : cela signifie que les données disponibles ne permettent pas, à ce stade, de conclure avec suffisamment de solidité.
Cette distinction est essentielle. Elle permet d’éviter aussi bien les promesses excessives que les conclusions trop rapides.
Une pratique fondée sur l’évaluation, la mesure et les connaissances disponibles
Au cabinet Neurosereine, ma pratique du neurofeedback EEG s’inscrit dans cette même logique : évaluer, mesurer, individualiser l’accompagnement et tenir compte de l’état actuel des connaissances scientifiques.
Le neurofeedback n’est pas présenté comme une réponse universelle ni comme un substitut à une prise en charge médicale ou psychologique lorsqu’elle est nécessaire.
La recherche continue d’évoluer, les méthodes également. Cela implique de rester curieux, mais aussi prudent : observer ce que les données permettent réellement d’affirmer aujourd’hui et faire évoluer sa pratique à mesure que les connaissances progressent.
Et pour celles et ceux qui souhaitent aller regarder par eux-mêmes, l’information est désormais beaucoup plus facile d’accès.