Performance cognitive : savoir faire ne suffit pas toujours à pouvoir faire
Vous savez. Mais soudain… vous ne savez plus.
La présentation, vous la connaissez.
Vous l’avez préparée, répétée. Vous maîtrisez votre sujet.
Puis vient votre tour de parler.
Quinze personnes vous regardent et votre cerveau décide soudainement de désinstaller le français.
Trois mots disponibles.
Dont « euh ».
L’exemple est évidemment un peu caricatural.
Mais il raconte quelque chose de très intéressant :
posséder une capacité et pouvoir la mobiliser au moment où l’on en a besoin, ce n’est pas exactement la même chose.
Avoir des capacités… et pouvoir les mobiliser
Cela peut arriver pendant une présentation, un examen, une compétition, une réunion importante, face à une décision complexe…
Ou, beaucoup plus banalement, un mardi à 15 h 47 devant quelque chose que l’on sait parfaitement faire, mais pour lequel notre cerveau semble avoir déposé un préavis.
Parce que pour certaines tâches, savoir faire ne suffit pas.
Il faut aussi être capable de se mobiliser : devenir suffisamment vigilant, sélectionner les informations pertinentes, maintenir son attention, traiter ce qui arrive et y répondre.
Et cette mobilisation n’est pas constante.
Notre disponibilité cognitive varie selon le contexte, la fatigue, notre niveau d’activation, la difficulté de la tâche… et tout simplement l’état dans lequel nous nous trouvons à ce moment-là.
C’est précisément pour cela que je trouve la notion de changement d’état si intéressante lorsque l’on parle de performance.
Plus d’activation ne signifie pas forcément plus de performance
On pourrait être tenté de penser que, pour être plus performant, il suffit de se mobiliser davantage.
Plus concentré.
Plus vigilant.
Plus engagé.
Plus motivé.
Bref : plus.
Sauf que notre fonctionnement est un peu plus subtil.
Plus de mobilisation ne signifie pas nécessairement plus de performance.
Lorsque notre niveau d’activation est insuffisant, nous pouvons avoir du mal à nous engager dans une tâche ou à maintenir notre attention.
Mais lorsqu’il devient trop important, la tension peut à son tour commencer à parasiter précisément ce que nous essayons de bien faire.
C’est notamment ce qu’illustre le modèle classique de la courbe en U inversé associée à Yerkes et Dodson : la relation entre activation et performance n’est pas simplement linéaire.
Autrement dit, être « à fond » n’est pas nécessairement l’état idéal.
Et surtout, l’état utile dépend de ce que l’on cherche à faire.
La performance, ce n’est peut-être pas être à 100 %
C’est là que nous retrouvons une conception de la performance qui m’intéresse beaucoup plus que l’idée de dépassement permanent.
L’objectif n’est pas d’apprendre à être constamment plus activé.
C’est de pouvoir se mobiliser suffisamment lorsque la situation le demande… puis être capable de redescendre lorsque cette mobilisation n’est plus nécessaire.
Et cette nuance change beaucoup de choses.
La question n’est plus seulement :
« Est-ce que j’en suis capable ? »
Elle devient aussi :
« Est-ce que je parviens à rendre cette capacité disponible lorsque j’en ai besoin ? »
Une ressource disponible quelque part dans notre cerveau, c’est intéressant.
Une ressource disponible au moment où nous en avons besoin, c’est quand même nettement plus pratique.
Que cherche-t-on à explorer avec le protocole OPTIMISER ?
C’est précisément l’un des axes du Parcours Performance en neurofeedback que je propose désormais au cabinet.
Avec le protocole OPTIMISER, il ne s’agit pas de « booster le cerveau ».
On s’intéresse notamment à la façon dont une personne passe d’un état calme à un état d’engagement lorsqu’une tâche demande davantage de concentration, de vigilance et de traitement actif.
L’évaluation Performance permet ainsi d’observer la capacité à augmenter l’engagement cognitif entre une situation de référence et une tâche plus exigeante. L’objectif n’est ni de mesurer l’intelligence ni d’attribuer une note de performance générale, mais d’observer comment certaines ressources se mobilisent dans un contexte donné.
Puis, lorsque cela est pertinent, cette transition peut devenir un axe d’entraînement.
Récupérer, créer, optimiser : trois états, plutôt qu’un seul état « idéal »
Et finalement, cette publication termine assez bien la petite série que j’ai consacrée à la performance.
Nous avons commencé par RÉCUPÉRER.
Parce que s’arrêter ne signifie pas nécessairement récupérer : lorsque la mobilisation n’est plus nécessaire, encore faut-il parvenir à redescendre.
Nous avons ensuite parlé de CRÉER.
Parce que certaines situations demandent au contraire de desserrer un peu le contrôle, de laisser davantage de place aux associations et de passer d’une pensée très analytique à un fonctionnement plus divergent.
Et nous arrivons à OPTIMISER.
Parce qu’à d’autres moments, il faut justement pouvoir se mobiliser : devenir suffisamment disponible, vigilant et engagé pour utiliser ses ressources lorsque la situation le demande.
Trois situations différentes.
Trois besoins différents.
Et c’est peut-être là que se trouve, finalement, ce qui me passionne le plus dans cette approche de la performance :
il n’existe pas forcément un état cérébral « optimal » dans lequel nous devrions essayer de rester.
Ce serait d’ailleurs assez peu adapté à la vie réelle.
Nous avons plutôt besoin d’états différents pour répondre à des situations différentes.
Parfois, nous avons besoin de nous concentrer.
Parfois, de récupérer.
Parfois, de laisser davantage de place à une pensée associative.
Puis de revenir à l’analyse.
La performance cognitive peut alors être envisagée autrement : non pas comme une recherche permanente d’intensité ou de dépassement, mais comme la capacité à mobiliser un état adapté à ce que la situation demande et à passer suffisamment souplement d’un état à un autre.
Et plus j’avance dans ce travail, plus je trouve que cette définition de la performance mérite qu’on s’y attarde.
Neurofeedback et performance cognitive près de Lyon
Je propose le Parcours Performance en neurofeedback au cabinet NeuroSereine, situé à La Boisse dans l’Ain, à proximité de Montluel et de l’Est lyonnais.
Ce parcours s’adresse aux personnes qui souhaitent mieux comprendre et entraîner certaines dimensions de leur fonctionnement cognitif, notamment la récupération, la mobilisation des ressources attentionnelles et, de façon plus exploratoire, l’accès à certains états associés à la pensée créative.
L’accompagnement débute par une évaluation permettant d’observer le fonctionnement dans différentes situations avant de déterminer les axes d’entraînement pertinents.
📍 NeuroSereine – Neurofeedback & Biofeedback
La Boisse (Ain) – secteur Montluel / Est lyonnais – près de Lyon
📞 06 68 64 39 44
👉 Découvrir le Parcours Performance en neurofeedback
👉 Prendre rendez-vous sur Résalib
Le neurofeedback proposé au cabinet est une démarche d’entraînement et d’autorégulation. Il ne constitue ni un diagnostic médical, ni un traitement médical, ni un bilan neuropsychologique.