À l’intérieur d’un accompagnement de neurofeedback

Ce texte n’est pas un article comme les autres. Il est issu d’un accompagnement en cours au cabinet, partagé avec l’accord de la personne concernée, qui a elle-même souhaité témoigner de ce que ce travail lui a permis de mettre en place dans son quotidien.

L’accompagnement présenté ici s’inscrit dans un protocole de neurofeedback d’une dizaine de séances. Un cadre volontairement clair et limité dans le temps, pensé pour rassurer et éviter l’idée d’un processus flou ou interminable. Au départ, comme souvent, beaucoup de choses semblaient abstraites. Il a fallu faire confiance au processus, avancer pas à pas, sans chercher d’effet spectaculaire. Et puis, progressivement, certains ajustements se sont installés, de manière stable et ancrée.

C’est ce cheminement, discret mais déterminant, que nous avons eu envie de partager. Pour montrer ce qui se passe réellement ici, et ce que signifie accompagner par la régulation, au plus près du vécu des personnes.

 

Parfois, le corps ne trouve pas le repos.

Ou plutôt : il ne le trouve pas là où on l’attend.

Chez certaines personnes, longtemps restées en vigilance, le système nerveux ne s’autorise pas à se poser. Il anticipe, il surveille, il rumine. Le sommeil, quand il arrive, est difficile à atteindre, fragmenté, peu réparateur. Et quand l’épuisement finit par l’emporter, ce n’est pas un repos choisi : c’est souvent le dernier espace disponible pour cesser de dépenser de l’énergie, pas vraiment pour récupérer.

C’est dans ce contexte que commence cet accompagnement, en novembre.

Il ne s’agit pas d’une pathologie spectaculaire. Plutôt d’un état de fond que beaucoup reconnaissent : une anxiété diffuse, une vigilance élevée, une fatigue persistante, des ruminations qui retardent l’endormissement, et cette impression de ne jamais vraiment récupérer.

Dès le départ, un premier repère est posé avec un outil simple : une roue d’état interne. Elle permet à la personne de situer son sommeil, sa capacité à récupérer, sa connexion aux sensations, sa concentration, son bien‑être général. Rien n’est interprété, rien n’est corrigé. Il s’agit simplement de photographier un état du moment.

Les premières séances de neurofeedback confirment ce que le corps raconte déjà. Très vite, pendant le protocole, le sommeil arrive. Les yeux sont fermés, la rétroaction est auditive, l’environnement est sécurisant… et le corps décroche.

Ce n’est ni surprenant, ni problématique.

C’est une information précieuse : tant que la vigilance reste élevée, le système nerveux ne parvient à relâcher qu’en quittant complètement l’état de veille. Pour se poser, il doit s’éteindre. Ce n’est pas encore de la régulation, c’est une stratégie de survie.

À ce stade, l’enjeu n’est pas de lutter contre cet endormissement. L’enjeu est d’offrir au corps un cadre suffisamment sûr pour qu’il commence, peu à peu, à apprendre autre chose.

Depuis le début de l’accompagnement, chaque séance commence par quelques minutes de respiration guidée. Pas face à un écran, pas avec un signal à observer. Juste un temps pour sentir, ajuster la posture, trouver un rythme respiratoire plus ample, plus régulier. La respiration fait partie intégrante du travail de régulation, mais elle s’installe d’abord sans feedback visuel, pour ne pas surcharger un système encore très vigilant.

Au fil des séances, quelque chose évolue. Lentement, mais clairement.

Le corps commence à se détendre sans s’effondrer immédiatement dans le sommeil. La récupération ne passe plus uniquement par la perte de conscience. Il devient possible de rester présent tout en étant plus calme. Ce déplacement est discret, mais fondamental : le système nerveux apprend qu’il peut baisser la garde sans danger.

C’est dans ce contexte qu’arrive la septième séance.

Ce jour‑là, la respiration est toujours là, comme depuis le début, mais une étape supplémentaire est proposée. Cette fois, la personne est prête à observer le signal de sa propre respiration. Non pas pour contrôler, ni pour réussir, mais pour mettre en lien ce qu’elle ressent et ce que le corps exprime.

Très vite, une observation s’impose d’elle‑même. Lorsque l’attention reste posée sur le souffle, le tracé est fluide. Lorsqu’une pensée parasite surgit, sans prévenir, le signal se modifie aussitôt. Rien de spectaculaire. Juste une réaction physiologique immédiate.

Ce moment est souvent marquant. Voir que le corps réagit aux pensées, en temps réel. Comprendre que la respiration peut soutenir un retour à un état plus stable. Ce n’est pas une explication théorique : c’est une expérience vécue, directement observable.

À ce stade, ce changement est déjà visible pour la personne qui accompagne, à travers les capteurs, les signaux, l’évolution des séances. Mais ce jour‑là, il devient aussi concret pour la personne elle‑même.

La roue d’état interne est alors reprise, sans montrer la version initiale. En la remplissant à nouveau, un décalage apparaît. Le sommeil est plus réparateur. La capacité à récupérer est présente. La connexion aux sensations internes s’est renforcée. Les ruminations existent encore, mais prennent moins de place. Le bien‑être général, le lien aux autres, le temps pour soi se sont installés.

La surprise est parfois là. Non pas parce que tout va bien, mais parce que le chemin parcouru n’avait pas été mesuré ainsi. La roue ne crée rien. Elle permet simplement de mettre des repères sur une évolution déjà en cours, et d’en prendre conscience autrement que par le seul ressenti.

Un point devient alors particulièrement clair : la personne est désormais capable d’entrer dans un état de détente sans disparaître. Le corps peut se poser, respirer, rester présent. Pour un système nerveux longtemps resté en alerte, c’est un apprentissage majeur.

Dans cette perspective, le neurofeedback apparaît comme un allié encore sous‑estimé dans l’approche psychothérapeutique. Il ne remplace pas un travail psychologique. Il ne raconte pas l’histoire à la place de la personne. Mais il prépare le terrain corporel. Lorsque la vigilance baisse, que la tension s’apaise et que la perception des sensations internes s’affine, le travail psychique devient souvent plus accessible, plus ancré.

À ce moment‑là du parcours, l’accompagnement n’est pas terminé. Quelques séances restent prévues pour consolider ce qui s’est mis en place. Mais ce tournant mérite d’être raconté, parce qu’il montre ce qu’est réellement un accompagnement en neurofeedback : un processus progressif, fait d’ajustements fins, de coopération, et d’un profond respect du rythme du système nerveux.

Parfois, au milieu du chemin, le corps commence à respirer autrement.

C’est souvent là que quelque chose de durable peut s’ancrer.

 

Cabinet Neurosereine – Neurofeedback & Biofeedback

Le cabinet Neurosereine est situé au
211 route nationale, 01120 La Boisse,
à environ 25 minutes de Lyon.

J’accompagne adultes, adolescents et enfants au cabinet,
dans une approche centrée sur la régulation du système nerveux
(neurofeedback et biofeedback).

📞 06 68 64 39 44
📍 La Boisse (Ain)

Les accompagnements se font exclusivement en présentiel au cabinet.

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