Cerveau, apprentissage et régulation : ce que j’ai retenu d’une lecture passionnante

Il m’arrive souvent de faire des pas de côté dans ma lecture, comme dans ma pratique.
Récemment, je suis tombée sur un article de Synaptikxx (que je vous recommande ++++), sur l’apprentissage et la manière dont le cerveau acquiert de nouvelles compétences. Une lecture dense, mais surtout stimulante.

J’ai pris des notes. Beaucoup de notes.
Des flèches, des schémas, des oppositions, des liens.
Et en refermant l’article, une idée s’est imposée : on parle souvent d’apprentissage, mais très peu des conditions qui le rendent réellement possible.

Apprendre… mais dans quel état ?

On dit souvent à quelqu’un :

« Apprends. »
Ou encore :
« Concentre-toi. »

Un peu comme on dirait :

« Calme-toi. »

Sauf que si la personne savait comment faire, elle le ferait déjà.

Les neurosciences nous rappellent une chose essentielle : l’apprentissage n’est pas qu’une affaire de volonté ou d’intelligence. Il dépend largement de l’état interne dans lequel se trouve le cerveau.

Parmi ce qui altère clairement le processus d’apprentissage, on retrouve :

  • la fatigue mentale

  • le stress

  • la surcharge émotionnelle

  • le manque de sommeil

  • le manque de sens

Dans ces états-là, le cerveau n’est pas “paresseux”.
Il est occupé ailleurs.

Quand le cerveau se protège, il apprend moins

Un point central ressort très nettement :
un état émotionnel anxieux réduit les capacités d’attention, de mémoire et de consolidation.

Lorsque l’anxiété est élevée :

  • l’amygdale prend le contrôle

  • les ressources cognitives sont mobilisées pour la vigilance

  • l’accès au cortex préfrontal est moins fluide

Autrement dit : le cerveau se met en mode protection plutôt qu’en mode exploration.

À l’inverse, un état émotionnel suffisamment stable ouvre l’accès aux fonctions cognitives supérieures : attention, planification, mémorisation, compréhension.

Ce n’est pas une question de performance.
C’est une question de terrain.

Apprendre juste plutôt qu’apprendre vite

On parle beaucoup “d’apprentissage rapide”.
Mais à y regarder de près, un apprentissage solide repose surtout sur :

  • des temps d’attention limités (souvent 20 à 30 minutes)

  • une intention claire

  • un environnement épuré

  • une alternance entre focus et pauses

La fameuse “fenêtre d’apprentissage” n’est pas infinie.
Elle s’ouvre lorsque l’attention est disponible, puis se referme naturellement.

Chercher à forcer au-delà ne rend pas l’apprentissage plus efficace.
Il le rend souvent plus fragile.

Sens, motivation et dopamine : un trio indissociable

Un autre point clé concerne le sens.

Lorsque ce que l’on apprend :

  • fait sens

  • s’inscrit dans un projet

  • est relié à quelque chose de concret ou de personnel

alors les circuits dopaminergiques sont mobilisés de manière fonctionnelle.

Ici, la dopamine n’est pas une récompense artificielle.
Elle est un signal d’intérêt, un marqueur d’engagement.

Apprentissage et dopamine forment alors un combo gagnant, non pas parce que l’on “force”, mais parce que le cerveau perçoit la valeur de ce qu’il est en train d’intégrer.

Consolider, ce n’est pas répéter sans fin

L’article insiste aussi sur un point souvent négligé :
l’apprentissage ne se consolide pas uniquement pendant l’effort.

Les temps de pause jouent un rôle fondamental :

  • déconnexion

  • rêverie

  • marche

  • repos

Ces moments activent notamment le réseau du mode par défaut (DMN), impliqué dans l’intégration des informations, la créativité et la mise en lien des connaissances.

Le sommeil, enfin, est un acteur majeur de la consolidation :

  • l’hippocampe rejoue les apprentissages de la journée

  • les informations sont transférées vers le cortex

  • les traces mnésiques deviennent plus stables

Un apprentissage sans pause est souvent un apprentissage fragile.

Et la régulation dans tout ça ?

Ce que cette lecture m’a particulièrement rappelé, c’est que l’apprentissage commence bien avant le contenu à apprendre.

Il commence par la capacité du système nerveux à être suffisamment régulé pour :

  • rester présent

  • tolérer l’effort cognitif

  • maintenir l’attention

  • intégrer sur la durée

C’est là que la notion de régulation émotionnelle devient centrale.

Dans ma pratique, je rencontre souvent des personnes qui veulent “apprendre”, “se concentrer”, “retenir”…
mais dont le système nerveux est déjà saturé.

Dans ces cas-là, le travail ne consiste pas à en faire plus, mais souvent à créer les conditions internes favorables.

Le neurofeedback, par exemple, n’enseigne pas des contenus.
Il ne remplace ni l’école, ni l’entraînement, ni l’effort.

Il agit en amont, en soutenant des états cérébraux plus compatibles avec l’apprentissage, la régulation et la consolidation.

En conclusion

Apprendre “vite” n’est peut-être pas le véritable enjeu.
Apprendre juste, dans un état respectueux du fonctionnement du cerveau, l’est probablement davantage.

Cette lecture m’a rappelé à quel point :

  • l’état émotionnel

  • le sens

  • le rythme

  • les pauses

  • et la régulation

sont des piliers souvent invisibles de l’apprentissage.

Et qu’apprendre à apprendre, c’est d’abord apprendre à créer un terrain favorable.

Source

Article de Synaptikxx :
« Cerveau et apprentissage rapide : astuces pour acquérir de nouvelles compétences »
👉 https://synaptikxx.com/cerveau-et-apprentissage-rapide-astuces-pour-acquerir-de-nouvelles-competences/

Photo de Dillon Wanner sur Unsplash

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